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Le chant des mobilisées de la Marche Verte

Au-Le delà des grands récits historiques, il existe un chœur puissant et profond : le chant des mobilisées de la Marche Verte. Quand le discours de Feu Sa Majesté le Roi Hassan II a retenti le 6 novembre 1975, 35 000 femmes ont répondu d’un seul cœur, non pas pour accompagner le mouvement, mais pour en devenir le pilier logistique et stratégique. Des grand-mères aux jeunes étudiantes, des plus fortunées aux plus modestes, toutes ont quitté leur quotidien pour prendre en main le destin de la nation. Portées par le souffle sacré de la patrie, elles ont opposé au sable leur détermination inflexible. Elles parachevaient d’un seul élan l’œuvre d’unification nationale en répondant à l’appel puissant du Souverain ; le Saint Coran serré contre le cœur et le drapeau national brandi vers le ciel comme un serment. En convergeant vers Tarfaya, point de ralliement de l’épopée, cette marée humaine féminine venait sceller la souveraineté sur une terre de certitudes. Ce bastion de la mémoire nationale, que le Sultan Moulay Hassan Ier avait ralliée en 1886 pour y chasser la présence anglaise de la Casa del Mar, et où le savant Cheikh Mohammed Al-Mamoune avait choisi de faire sa retraite spirituelle après ses combats à Taza, est devenu le théâtre d’une rencontre historique. Les marcheuses venues de tout le Royaume y ont été accueillies par les femmes de la région, gardiennes séculaires de la cohésion tribale. Cet héritage local de résistance sahraouie — porté par celles qui, jadis, géraient les campements et interdisaient la désertion par la force de leur poésie — est venu naturellement fusionner avec la discipline de fer et l’engagement de ces milliers de femmes unies pour la patrie. Dans les campements, loin de toute passivité, elles ont structuré la vie quotidienne, géré l’organisation et maintenu l’ordre avec une force morale qui a balayé l’incertitude. Toutes les barrières ont été abolies devant la souveraineté de la nation. Au milieu des dunes et face aux vents du désert, ces femmes ont su lier la grâce et la coquetterie à une endurance physique et psychologique hors du commun. En première ligne face aux barbelés, c’est le chœur puissant de leurs chants patriotiques et poétiques qui s’est élevé, unissant des milliers de voix en un rempart de paix invisible. Leurs voix unies ont brisé le silence du désert par des élans de liberté qui résonnent encore, vibrant bien au-delà du reg et de l’erg. En brisant les lignes de l’histoire, ces pionnières dictaient le rôle que la femme marocaine allait jouer dans le Maroc moderne. C’est ce modèle de responsabilité civique qui s’exprime au sommet de l’État. Sous la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cette longue marche vers l’égalité a franchi un cap historique. L’accession de Madame Fatima Ezzahra El Mansouri au poste de Cheffe du gouvernement en est aujourd’hui le plus beau symbole. Du devoir accompli par les marcheuses de 1975 à la direction des affaires publiques, la femme marocaine continue de guider notre destin. Rendons hommage à ces bâtisseuses, leur action s’écrit au présent, pour un Maroc fier et uni, de Tanger à Lagouira.Noura Belayachi Massué

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